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L’invasion de la pyrale du buis.

Publiée le 19/09/2016

© Christophe Huant

 

Une multitude de papillons blancs tournoie autour des lampadaires de Grenoble en ce moment : c’est la pyrale du buis, non nuisible à ce stade, mais redoutable à l’état de chenille.

Le soir, dans les rues de Grenoble, le spectacle a de quoi surprendre : des centaines de papillons s’agitent autour de l’éclairage public, tapissent les murs des immeubles, s’invitent dans les intérieurs. L’invasion est signalée depuis plusieurs jours déjà. Originaire d’Asie, ce papillon nocturne, vraisemblablement arrivé en France au milieu des années 2000 est une espèce envahissante dont la chenille fait des dégâts considérables sur les buis. Elle figure sur la liste d’alerte de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), et n’a en Europe aucun prédateur naturel.

La chenille est-elle urticante ?
La chenille n’est pas du tout urticante et ne présente aucun danger pour l’homme.

Comment la détruire ?
Si on le savait, il y en aurait beaucoup moins !
Actuellement, le seul moyen de lutte qui a une efficacité prouvée est le traitement avec du Bacille de Thuringe quand la chenille est jeune, ce qui nécessite entre 4 et 10 traitements par an suivant les sites.
A noter que le traitement au BT en zone naturelle, sur la colline de la Bastille par exemple, n’est pas envisageable pour deux raisons :

  • Accessibilité du site pour le matériel de pulvérisation.
  • Risques pour l’environnement, surtout la biodiversité et les espèces endémiques, même avec un produit dit « bio ».

Comment se prémunir du papillon ?
La meilleure façon de se prémunir des papillons est de détruire les chenilles et les œufs pondus par la génération précédente.
Pour les zones d’habitation, certain bricoleurs ont fabriqué des pièges à grande capacité avec une lampe halogène, un ventilateur de voiture ou un autre petit ventilateur et un grand sac en toile légère type étamine ou filet à petite maille.

Ce matériel permet de capturer de nombreux papillons en une nuit, et ainsi de réduire la nuisance due à son vol nocturne dans les habitations.
Mais cette technique trouve très vite ses limites en bordure d’espaces naturels colonisés par les buis (Bastille, Néron, Vouillants…)

Combien de temps cela va durer ?
Si on le savait, le problème serait déjà presque résolu !!!

Il y a jusqu’à trois générations par été, c’est-à-dire des vols de papillons plus ou moins importants entre juin et octobre.
L’animal hiverne sous forme de petite chenille dans les bourgeons de buis. Et le cycle recommence chaque printemps. La sortie d’hivernage se fait entre avril et mai.
De plus le papillon est un bon « voilier », c’est-à-dire qu’il peut voler assez loin (plusieurs km).

Y a t-il des moyens de lutte ?
Au niveau des jardins et parcs urbains, les traitements correctement programmés permettent de sauver les buis, même s’il y a parfois quelques dégâts sur le feuillage.
Dans le milieu naturel, il n’y a encore aucune méthode qui puisse surmonter la rapidité de reproduction du papillon.

Une femelle pond entre 200 et 300 œufs dont une moitié environ sont des mâles. 6 semaines plus tard, il éclot 100 femelles environ. 6 autres semaines plus tard, il y a 10 000 femelles et à la troisième génération, 4 mois et demi après le premier vol, il y a 1 000 000 de femelles, qui vont pondre 2000 millions d’œufs, donc autant de jeunes chenilles pour l’année suivante.

Imaginez la progression pour 1000 hectare de buis avec une centaine de chenilles par arbuste ! Voilà les données du problème en l’état actuel des connaissances.
(Certains auteurs disent jusqu’à 1000 œufs par femelle, mais cela reste à prouver. Dans ce cas en fin d’été la descendance d’une seule femelle serait de 1000 milliards de chenilles, mais ce chiffre reste à prouver).

Et est ce qu’il y a un risque de propagation à d’autres espèces que le buis ?
Pour le moment cette espèce de papillon ne pond que sur les buis à l’exclusion de toute autre plante.

Des recherches ont en cours depuis 2011 (le projet Save Buxus) mais il faudra probablement une dizaine d’années avant de trouver une méthode de lutte efficace à grande échelle.
Des essais sont menés (y compris à Grenoble) avec un parasitoïde du genre Trichogramme.